Les règles du jeu - Partie I

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Les règles du jeu - Partie I

Message  Tuvok le Lun 10 Jan - 23:12

Les règles du jeu (Partie I)


De minuscules néons bleus s'éteignent, d'autres s'allument. Le cadran vient d'indiquer 15.00 sur le bureau du docteur Schon. *Schriiikschaffff* Une allumette craque entre ses doigts dans un concert d'étincelles se rassemblant en une flamme vacillante. Le docteur parcourt du regard une dernière fois ses notes étalées devant lui, puis allume sa pipe en bois gris.

On frappe à la porte, son regard s'arrache du papier gratté pour croiser celui d'un infirmier à travers le petit hublot de la porte d'entrée. Malgré le quadrillage noir sur le verre, il reconnaît bien là Hogard et sa ponctualité. Schon se lève rapidement, ouvre au passage la large fenêtre à sa gauche en tirant quelques bouffées, puis laisse finalement entrer le jeune homme en blouse verte. Hogard passe la moitié de son corps avant de se retourner en tendant la main vers le patient resté derrière lui. Comme un enfant ne voulant pas aller à l'école, il le rassure :


« Venez, Eddie, venez. Allez, tout va bien se passer. »

La première chose qui frappe chez Eddie ce sont ses cheveux noirs en bataille suite à quelques arrachements sporadiques et la noirceur de ses cernes tombant jusqu'aux joues. Ses iris livides empreintes de tristesse et de peur tremblent en examinant les gens et la pièce autour de lui. Pourtant, il connaît très bien Schon et Hogard, ainsi que cette pièce. Ici, il se sait en sécurité. Mais il demeure un traumatisme sur pattes.

Schon glisse discétement à l'infirmier :

« A-t-il dormi ? »

Hogard ferme les yeux avec un imperceptible et pudique hochement de la tête de dénégation. Visage de compassion et d'impuissance.

*Un mois ! J'arrête les frais, je le remets sous sédatifs ce soir, ce traitement est un échec*

Tous trois s'assirent, Eddie et Schon l’un en face de l'autre, séparés par le bureau, Hogard sur une chaise légèrement en retrait de son patient, à portée de bras. Le docteur tira une autre bouffée avant de mettre toute sa bienveillance dans sa première question :

« Bien, savez-vous pourquoi vous êtes là Eddie ? »

« Parce que je fais des progrès. Hm. » Tentative de sourire, perte de confiance immédiate, retour au masque de neurasthénie. Mais Schon est encourageant :

« Oui, Eddie. Oui, tout à fait. Parce que vous faites des progrès. C'est très bien et je suis là pour les évaluer afin que vous puissiez vivre comme avant » euphémisa-t-il. « Eddie, depuis combien de temps êtes-vous ici ? ».

Perdu et terrorisé, celui qui avait dû être autrefois un beau jeune homme fit une estimation grossière, puis, dans le doute, la double :

« Euh. 2 ans, environ ».

*4 ans dans trois semaines* corrigea silencieusement Schon pour lui-même tandis qu'il validait malgré tout l'estimation de son patient par un hochement de tête.

« Eddie, savez-vous ce qu'est le stompball ? »

L'interrogé se raidit à cette question, comme un gamin de primaire pris en flagrant délit de bavardage à qui on vient de poser une question sur la leçon d'hier, qu'il connaît bienheureusement. Sa tête part légèrement en l'air et de biais alors que ses doigts rachitiques hésitent entre le tapotement et le tremblotement contre ses joues.

« O...Oui. Le stompball est un sp...sport de joute. » Sa voix aigüe se fait de plus en plus normale à mesure qu'il s'entend parler. « Ce sport local est très pratiqué dans les universités. Ca marche par équipe de sept. Trois joueurs par équipe sont en j...jeu. Le nombre de remplacement est illimité. Les joueurs sont sur des speeders, des plaques circulaires en suspension dans l'air. Le terrain est tout... totalement métallique et magnétique, maintenant les speeders à un mètre du sol.

Les joueurs ont des capteurs aux pieds leur permettant de propulser leur speeder dans la direction voulue. Et des gants pour tirer et aussi activer les relèves. Et puis... attendez... euh... Donc bref, c'est très technique pour se déplacer, surtout que le terrain est truffé de poches où la gravité change tout le temps. Ces poches se déplaçant elles-mêmes... Donc ça oblige à faire beaucoup de calcul pour les déplacements et les tirs.

Ah oui. Les tirs. Chaque joueur a une commande de génération de boule électromagnétique dans ses gants. C'est pas dangereux, hein. »
dit-il en se retournant vers Hogard aussi rapidement qu'il s'en détourna, « mais en 9 fois sur 10 quand on est touché, on tombe et on est « off-board ». Chaque off-board offre une point à l'équipe adverse. Donc, une équipe gagne quand tous les joueurs d'une équipe sont à terre ou quand elle a plus de points à la fin du temps réglementaire.

Mais y a des histoires de conversion, docteur. Les joueurs peuvent décider de faire une "relève". C'est-à-dire qu'on peut décider de libérer un de ses partenaires au sol et en contrepartie, on donne un point à l'équipe adverse. Donc il y a beaucoup de stratégie.

Par contre, le nombre de relèves est limité à trois par tiers-temps. Un tiers-temps c'est environ 30 minutes plus des arrêts de jeu parfois. A la fin d'un tiers-temps, un joueur à terre est absolument éliminé et ne peut pas rentrer sur la glisse (la piste ronde) au prochain tiers-temps. »
Eddie prend son souffle, comme si cette narration était un effort démesuré. Quelque chose lutte dans son esprit.

« Ce jeu est très très physique. C'est pour ça qu'il y a des changements tout le temps, sinon on ne peut pas tenir le rythme, hein, docteur. C'est très difficile. Et les changements c'est un moment critique car pendant quelques secondes, ça crée des déséquilibres numériques sur la piste.

Hein. Voilà Docteur. »

L'élève attend que son professeur le félicite d'une leçon froidement apprise par coeur. Schon avait eu le temps de consommer tout le tabac de sa pipe pendant ce laïus. Il la rangea dans le tiroir à sa droite en demandant innocemment :

« Et avez-vous déjà joué au Stompball, Eddie ? »

Le maigrelet eut un nano-hochement de tête, presque un spasme, tout en contractant ses mâchoires. Le doc compléta cette non réponse.

« Si, Eddie. Vous étiez un joueur de Stompball. Un très bon joueur d'ailleurs, vous avez même fait vice-champion aux jeux pangériques il y a 5 ans. »

L'ex-numéro 6 regarda ailleurs, comme si cela lui permettrait de ne pas écouter.

« Eddie, connaissez-vous Tuvo Xie ? »

A la mention de ce nom, Eddie se leva en renversant sa chaise, réprimant des convulsions alors que ses yeux s'embuaient de larmes. Hogard mis immédiatement ses bras autour de lui en le serrant avec chaleur, soufflant à son oreille :

« Chuuut, chhhhhuuut, Eddie, tout va bien. Tout va bien. Là. » Il remit la chaise en place, gardant une main masseuse sur sa nuque pourvue de simili de muscles.

« Tuvo Xie était le capitaine de votre équipe. Vous étiez en équipe de Mina et vous avez disputé la finale contre le Samsha. »

Eddie réprimait une foule de souvenirs...
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